Les Lachenal, une famille de céramiste

Châtillon - Les blessés de l'atelier Lachenal Deux générations de Lachenal se sont installés à Châtillon pour exercer leur talent de céramiste.

Edmond Lachenal et ses deux fils Jean-Jacques et Raoul exerçait dans un atelier qui n’existe plus aujourd’hui.  Cet espace de 10 000m2  était situé entre le bas de la rue de la mairie et la gendarmerie actuelle, dans le bas de la rue Gabriel Péri.

 

EDOUARD, ACHILLE, dit EDMOND LACHENAL 1855-1948

Le destin de ce dessinateur, peintre, sculpteur et décorateur fut d’être céramiste.

Dès son adolescence, il est mis en apprentissage chez les frères Deck, faïenciers-émailleurs à Vaugirard. Il débute comme potier tourneur avant d’en devenir chef d’atelier des peintres sur porcelaine. Lachenal travaille dix ans chez Théodore Deck, avec lequel il signe des décors en céramique.

Puis il s’installe à son compte avec une céramiste de Guingamp, Anna Le Cioarec, qui deviendra sa femme en 1880. Le couple habite alors à Châtillon. dans une propriété d’un hectare au 21 rue du Ponceau.

Son début de carrière est entièrement voué aux plats et assiettes types Rhodes, lsnik ou Koupathcha, en souvenir de son apprentissage chez Deck. Affranchi de toute influence, il créera un émail velouté ou givré par un procédé métallocéramique par électrolyse.

Devant le succès immédiat de ses œuvres, les commandes afflueront. Il forme  ses fils,  Agnès de Frumerie et un orphelin Émile Decœur (avec qui il s‘associera un moment).  Edmond Lachenal se lance alors dans l’imitation de la nature (batraciens, animaux divers) et dans l’art nouveau, domaine dans lequel il excelle. Si ses formes restent curieuses, les coloris de ses émaux sont vifs et puissants et surprennent souvent par leur grande pureté. Les bleus sont particulièrement réussis et appliqués sur de grandes surfaces avec régularité.

Edmond Lachenal fut un des maîtres qui contribua au renouveau de la céramique a la fin du XIXe siècle. Il se montra novateur tant dans les procédés de fabrication que dans la réalisation des formes et des décors. C’est à lui qu’Auguste Rodin fit appel pour sculpter en grès la tête de La Douleur et celle du célèbre Balzac.

Au début du XXe siècle Lachenal se consacra à l’art dramatique. Ses fils Jean-Jacques et Raoul reprennent alors l’atelier dans le respect de la tradition familiale.

JEAN-JACQUES LACHENAL 1881-1945

ll fut l’élève de son père Edmond, qui lui apprit la technique du modelage et du tournage.

Lorsque ce dernier abandonne, en 1911, la direction de son atelier châtillonnais, Jean-Jacques en devient le directeur des productions et des rénovations, puis l’administrateur et le promoteur.

Trois ans après, il prend totalement en charge l’atelier paternel; il s’oriente alors vers l’ornementation de la table, en créant des services où chaque pièce est unique.

Après la Première Guerre mondiale, il créera encore un atelier de céramique pour les blessés, œuvre philanthropique connue sous la dénomination des Blessés de l’atelier Lachenal.

On le voit ensuite réaliser des objets publicitaires en céramique, travaillant en collaboration avec l’émailleur châtillonnais Louis Bros.

De 1920 à 1939, l’atelier Lachenal servit de centre créateur et de laboratoire à tous les artistes de l’époque.  Gaston Doumergue, Paul Doumer, Albert Lebrun, Edouard Herriot et Jean Mistler honorèrent par ailleurs de leur présence  l’atelier de Châtillon.

RAOUL PIERRE LACHENAL 1885-1956

Formé dans l’atelier de son père, Raoul prit grand soin de poursuivre l’œuvre familiale.

Chez Janin et Guérineau, il perfectionne sa technique du modelage et du tournage, mais leur préfère celle du coulage. En 1904, tout en dirigeant l’atelier de Châtillon, il tente d’obtenir des grès flammés aux coulées rares.

Sept ans après, il créera à Boulogne une fabrique de porcelaine de grand feu à laquelle il adjoint une production de faïence et de grès.

Raoul continue sa production de faïence et de céramique, tout en créant du mobilier  de jardin et de poteries à usage industriel.

Ses œuvres personnelles, réalisées en une argile gréseuse à laquelle il ajoute du kaolin, sont décorées d’émaux allant du blanc pur craquelé au noir très intense ou encore d’émaux rouges ou verts, “cloisonnés” par un cerne de noir velouté.

À la mort de Jean-Jacques en 1945, il s’installe de nouveau à Châtillon avec sa famille.  Il essaye de faire revivre l’atelier en continuant les fabrications, aidé par un précieux collaborateur, monsieur Lacoste.