Léo Malet – Écrivain (1909-1996)

 Léo MaletPère du roman noir français, vagabond libertaire, poète surréaliste, il est né à Montpellier le 7 mars 1909.

Léo Malet est élevé par son grand-père qui lui donne le goût de la lecture. Léo dévore alors les romans de cape et d’épée. Il commence à écrire de petites histoires, dès l’âge de neuf ou dix ans.

En 1923, il rencontre André Colomer et fait connaissance avec les milieux anarchistes. Deux ans après, il “monte à Paris” pour se faire quelque argent et chante le soir à la Vache enragée à Montmartre.

C’est en 1928 qu’il rencontre Paulette Doucet (1907-1981) qui deviendra sa compagne, puis son épouse en 1940. Léo Malet découvre le surréalisme en 1930. Il envoie ses poèmes à André Breton et fréquente son groupe.

Léo Malet à Châtillon

Peu avant la guerre, le couple Malet s’installe à Châtillon. Sa femme travaille dans une usine d’armement à Châtillon (la S.N.C.A.S.O.). « C’était une expédition pour elle d’y aller, alors on s’est rapproché du boulot ».

On fait quelquefois de drôles de calculs dans la vie. C’était la guerre et on ne trouvait rien de mieux que de s’installer derrière une usine d’armement. À cette époque, les bons polars n’étaient qu’américains. Léo Malet devient alors Frank Harding pour signer son livre Johnny Métal, qu’il écrit dans un style plutôt américanisé.

Avec ce premier roman, il obtient un réel succès. Avec les droits d’auteur, Léo et sa femme s’installent, le 1er janvier 1942, dans un grand appartement au 4 rue du Ponceau (rue Gabriel Péri).

Ils y vivent heureux jusqu’en 1959, date à laquelle l’immeuble est détruit pour aménager le rond-point du 8 Mai 1945. C’est pourtant en ce cadre que fut créé le personnage de Nestor Burma, ouvrant ainsi la voie au roman noir français grâce à 120. rue de la Gare (la gare de Chatillon-Montrouge).

L’après-guerre

En 1954. il commence la série des Nouveaux mystères de Paris (quinze titres dont le décor permettait à Malet de se situer dans un arrondissement de Paris chaque fois différent).

Comme les autres habitants de l‘immeuble du Ponceau, le couple est relogé au 14 rue Henri Gatinot dans une HLM‘ où l‘écrivain vivra jusqu’à sa mort.

Là, il traverse une période difficile. En mal d’inspiration. il n‘achèvera pas la série des Nouveaux mystères de Paris. Il s‘enferme alors en solitaire, sur sa porte, on pouvait lire : “Les journalistes seront reçus à coups de fusil ».

Écrivain anti-conformiste, menant la vie de bohème, Malet vivotait, sans plus.

“Je suis un désespéré plein d‘espoir“, disait-il lorsque le miracle intervint : la révolution intellectuelle de mai 68, pour laquelle il ne cachait pas sa sympathie.

Les Châtillonnais se souviennent du charme discret de Léo Malet, musette au dos, pipe vissée à la bouche. Sa gouaille et son sarcasme le faisaient volontiers passer pour un misanthrope truculent, mais en réalité, c’était un “anar“ au grand cœur.

 Il se définissait lui-même comme un anarchiste-conservateur : un coup à gauche par bon vent, un coup à droite lorsque le vent tourne.

En 1998. son nom a été attribué à un square situé à l’angle des rues Pierre Sémard et Étienne Deforges.