Châtillon près de Paris : le refuge Sainte-Anne

Les prensionnaires du refuge Sainte-Anne

Le premier refuge Sainte-Anne fut fondé en 1854 par Victoire-Thérèse Chupin.

Le 25 janvier 1854, avec 6,50 francs dans sa bourse, mais riche d’une foi à transporter les montagnes, Victoire-Thérèse Chupin plus connue sous le nom « Bonne Mère » accueille ses deux premières protégées. C’est en 1865, pour assurer la pérennité de son œuvre que « Bonne Mère » et ses premières compagnes revêtent l’habit de Saint-Dominique.

Les Dominicaines de la Congrégation de Notre-Dame de Grâce s’installent à : Châtillon-sous-Bagneux en 1880 (Châtillon 92 aujourd’hui).

« Découvrir les besoins de son temps et s’y consacrer est le propre des grandes âmes. »
Jean-Baptiste-Henri Lacordaire (1802-1861), Religieux, prédicateur, journaliste et homme politique français.

Le refuge Sainte-Anne

Une œuvre humanitaire quasi-héroïque

Depuis son acquisition par la Société du Refuge Sainte- Anne d’Argenteuil le 5 novembre 1880, la Folie Desmares est occupée par les religieuses dominicaines qui se sont fixées pour but d’éduquer les « filles repenties » ou jeunes filles égarées, voire difficiles.

Le premier Refuge Sainte- Anne  a été reconnu d’utilité publique en 1861. À la première structure créée pour des jeunes filles de plus de dix-huit ans et se présentant d’elles mêmes, s’ajoute vers 1890 celle d’une classe dite de «préservation», recevant des adolescentes de 16 à 21 ans confiées par leur famille. Une seule ambition : leur donner une éducation morale et religieuse, tout en les occupant à divers travaux.

Les pensionnaires

Les pensionnaires sont divisées en trois catégories : les repenties, les madeleines et les préservées.

Depuis la fondation du premier refuge, et jusqu’en 1896, 9 500 jeunes filles ont été accueillies sur l’ensemble des sites. Le Refuge ainsi créé a inspiré à Alexandre Dumas fils une brochure vigoureuse, les Madeleines repenties, où il prend la défense de la femme abandonnée contre la société hypocrite : « Le Refuge de Châtillon-sous-Bagneux avait été fondé pour recueillir ces malheureuses épaves, les remettre à flot, les rendre à la vie normale » ; il peut recevoir jusqu’à une centaine de pensionnaires.

Refuge Sainte-Anne - Atelier couture
Refuge Sainte-Anne – Atelier couture

On y fait le blanchissage du linge, le repassage, on y exerce la profession de lingère et de couturière à façon.

L’instruction religieuse est largement dispensée et les leçons sont données par les sœurs maîtresses de classes et par un père dominicain. Les cours de coupe, couture, dessin, puériculture, hygiène, économie domestique, cuisine, droit usuel et instruction générale assurent aux jeunes filles une formation professionnelle et ménagère en même temps qu’ils préparent aux C.A.P. de lingère et de repasseuse.

Par ailleurs, chant, musique et théâtre épanouissent les cœurs dans un climat d’affectueuse confiance. Rien ne manque à ces jeunes filles pour se former à la vie. D’anciennes pensionnaires telles Madame Annette Rouzière, et Madame Andrée Lambert, nous ont transmis un souvenir émouvant de leurs années passées chez les sœurs dominicaines de Châtillon.

Refuge Sainte-Anne - La cuisine
La cuisine

Les pensionnaires

 

 

 

 

 

 

 

Un refuge pour l’enfance en détresse

En 1961, le Refuge Sainte-Anne est habilité par la Justice et la D.D.A.S.S.  pour accueillir des adolescentes de plus de 14 ans privées de milieu familial normal.

À partir de 1971, le refuge est désormais appelé foyer Sainte-Anne. Dans le souci de favoriser les liens familiaux, il ouvre ses portes aux frères et sœurs de 6 à 18 ans, confiés par les services sociaux des Hauts-de-Seine, de Paris et des départements périphériques. Il compte cinquante-six places. Le critère d’admission des jeunes est la possibilité d’insertion dans une scolarité extérieure (y compris une scolarité spécialisée d’adaptation et de perfectionnement).

La fin du foyer

Les lieux occupés par le foyer Sainte-Anne firent l’objet, en 1963, d’une mesure de réservation publiée à la Mairie. Cette décision, entérinée par l’Urbanisme, était irrévocable et la municipalité exprimait son désir d’occuper les locaux fin 1982. Pour permettre le placement des enfants du foyer dans d’autres établissements avant le début de l’année scolaire 1982-1983, la date de fermeture fut fixée au 10 septembre 1982.

Du 25 janvier 1854 à sa fermeture, le Refuge Sainte-Anne de Châtillon a accueilli près de 6 000 jeunes en difficulté.

Je désire terminer cet exposé sur une pensée de « Bonne Mère » : « A qui tout manque, Dieu reste ! Et puisque Dieu reste, c’est bien assez ! ».

Création d’une congrégation

La congrégation des Dominicaines de Notre-Dame de Grâce est reconnue de droit pontifical par Rome en décembre 1939.

De là est née de l’œuvre du Refuge Sainte-Anne, en 1854, pour le relèvement et la protection des jeunes filles.

Celle-ci a été vénérée sous le nom de « Bonne Mère », et portait en religion le nom de Sœur VINCENT FERRIER. Toute pénétrée d’une foi vive et ardente, d’une confiance absolue en la Providence, elle opérait des merveilles. La franchise, la droiture, la bonté de son cœur lui gagnaient l’affection de tous ceux qui la connaissaient.

« Bonne Mère » ne doutait jamais d’une âme. Elle disait qu’au fond de chacune il y a toujours une place où Dieu peut la toucher.

Depuis ses débuts quasi-héroïques, l’œuvre de « Bonne Mère » a subi certaines modifications en vue de s’adapter aux nécessités présentes. De plus elle a beaucoup élargi son champ d’action mais c’est toujours l’esprit de leur fondatrice qui anime les Sœurs. Esprit d’amour, de confiance, de respect pour la liberté des âmes tels sont ses dogmes. Leur vie intérieure est profondément basée sur l’oubli de soi dans le don total à Dieu et au prochain.

La Maison-Mère et le Noviciat sont situés près de Paris : 57, rue de la Gare à Châtillon-sous-Bagneux (Seine).

Bénédiction du Pape

« Je vous bénis tout particulièrement, non seulement vous, mais toutes les personnes qui passeront par votre Maison, et cela jusqu’à la fin des temps ». (Bénédiction de Pie IX à Bonne Mère en 1862)

Une œuvre philanthropique

Riche d’une bonté à toute épreuve, « Bonne Mère » fait le voeu de réhabiliter les âmes de ses protégées.

« Il faut prévenir le mal, préserver celles que l’ignorance, la solitude ou la faiblesse exposent à glisser sur une pente dangereuse. »

Monique Barrier Présidente des Amis du Vieux Châtillon Références Bibliographiques :

  •   « Châtillon aux Portes de Paris « : Martial Leroux, Monique Barrier
  •  « Bonne Mère ou la Révérende Mère Chupin » : R.P. Mortier des Frères Prêcheurs
  •   « Les Dominicaines de la Congrégation de Notre-Dame de Grâce de Chatillon-sous-Bagneux
  •  « Une Honnête Femme » : Henry Bordeaux de l’Académie Française.